jeudi 23 juillet 2015

Jordanie - Sur les traces d'Indiana Jones



Kymia : L'histoire commence vers le mois de novembre 2011, où mon ancienne colocataire et moi avions décidé de partir ensemble en vacances. Elle, n'ayant pas eu de vacances depuis 1 an, mourrait d'envie d'aller au Maroc, ce que j'ai approuvé, bien que le Maghreb ne m'ait jamais vraiment intéressée ( à tort, j'en suis sure ! Ne me tappez pas, j'ai dit que j'avais sûrement tort ! )

Et c'est là que l'élément perturbateur arrive : février 2012, ma colocataire, citoyenne Russe, n'avait pas encore son visa permanent pour la France, il était donc difficile de partir en vacances avec tous ses rendez vous prévus à l'ambassade. Malheureusement et il était plus que temps de réserver nos billets.
Après avoir boudé quelques minutes sur le fait que je partirai donc sans elle, elle m'a laissé le feu vert pour partir seule à l'aventure.

J'ai donc réorganisé mes plans très rapidement, cherchant un lieu où partir sans elle. Après avoir pensé au Danemark, la Hollande, de nouveau l'Angleterre, et autres destinations je me suis rappelé du récit qu'une de mes ancienne collègues m'avait raconté à propos de ses voyages.Elle m'avait souvent parlé de la Jordanie, qu'elle avait visité en 1998 ( oui oui nous n'avons pas EXACTEMENT le même âge, car je ne pense pas qu'elle y serait allée seule à...11 ans ! ), et étant une fan d'Indiana Jones, j'avais toujours en tête le souvenir du Trésor de Pétra où Harrison Ford était venu chercher le Graal ( certain ont Laurence d'Arabie en référence, je préfère celle d'un mec avec un fouet se balançant dans le vide... )

Après quelques clics les yeux fermés sur le site d'edreams ( car si j'avais continué à regarder le prix du billet plus de 15 secondes j'aurais surement renoncé... ), j'ai réservé mes places pour la Jordanie du 7 au 14 mars 2012. Et acheté un chapeau à la Indiana Jones dans la foulée ( fanatique? Noooooooon... )

Départ pour Amman avec la Royal Jordanian ( instant pub ), et pour 5h de vol qui m'ont parue interminables ( j'ai d'ailleurs commencer à angoissé des 12h d'avion que j'allais devoir subir pour aller au Vietnam en avril... ).
Mon arrivée dans la capitable du Royaume Hashemite de Jordanie fut tellement étonnant pour ma part, qu'il illustre très bien l'état d'esprit dans lequel s'est déroulé tout mon séjour.
Débarquant seule, avec mon sac à dos et ma petite valise, je me suis mise à la recherche du bus pour m'emmener au centre ville. Un groupe de Jordaniens m'expliquent, selon l'adresse que je cherchais que je devais prendre tel bus qui m'y emmènerait, sans me préciser à quel stop je devais m'arrêter ( suspect? En effet c'est ce que j'ai pensé aussi ! )

Je monte finalement dans le bus après qu'ils m'aient inondée de "where do you come from? Oh France, Welcom to Jordan ! What's your name? You are so beautiful. Welcome to Jordan". Après 45min dans le bus je me retrouve à une gare routière où je retrouve le même groupe de Jordaniens ayant surement pris le bus en même que moi, qui m'accueillent les bras ouverts en riant me disant "oh here she is ! Come here !", et en moins de 3 minutes, je me retrouve dans un taxi, ma valise dans le coffre, et accompagnée directement à mon hôtel sans encombre. Moi qui m'attendait à attérir dans une maison close, cette première expérience m'a tellement étonnée que je suis très vite tombée amoureuse de ce pays et de l'hospitalité de ses habitants.


J'ai pris l'habitude depuis quelques années de voyager seule car je ne supporte pas les visites guidées dans les sites touristiques, j'ai de la peine a devoir suivre le rythme d'autres personnes qui mettraient trois plombes à se préparer à sortir, et il m'est difficile de me couper des étrangers qui ne parleraient qu'anglais si je voyage avec des gens qui ne le parle pas
D'autant plus que beaucoup seront d'accords avec moi : on ne peut pas voyager avec n'importe qui.

Mais finalement partir en solitaire ne signifie pas que l'on sera seul. Car je n'ai jamais été vraiment seule, et j'en ai eu l'exemple même le soir de mon arrivée à Amman où je me suis retrouvée avec deux jeunes hommes, m'accompagnant pour ma première nuit en Jordanie. L'un étaitt anglais de Liverpool et l'autre un mélange assez typique entre la Suisse, l'Allemagne et l'Italie.
C'est dans ce genre moment que j'apprécie pleinement mes voyages, dans les moments où je rencontre des gens comme moi, traversant les frontières sans trop se poser de questions, à qui tout semble possible, et qui profitent à fond de leur voyage en solo pour découvrir d'autres cultures, d'autres horizons, aux travers des personnes qu'ils rencontrent sur leur route.

Mon trip en Jordanie se sera donc organisée ainsi : 2 jours à Amman, 3 jours à Pétra ( en passant par la route des Rois ), 2 jours à Wadi Rum, et retour à Amman pour repartir à Paris.

Après avoir quitté Mauro à Amman ( le jeune homme suisse pour qui j'avais accepté de rester une journée de plus dans la capitale, à cause de ses beaux yeux et aussi car il avait insisté pour que je reste après m'avoir fait boire 2 pintes de bière... ), j'ai pris la route vers Pétra, le "high light" de mon voyage. Avec mon fidèle taxidriver Mehkel nous sommes passés par Madaba, le canyon de Montenebo, Dana et e,fin, après 7h de route, Pétra.


J'ai partagé mon temps entre les visites, les longues ballades avec les personnes rencontrées à l'hôtel et celles rencontrées sur le sites même, les discussion avec les débouins louant des chameaux ou des ânes, les bédouines m'offrant le thé et vendant des colliers à bas prix.
Une merveille, un spectacle à vous couper le souffle.

J'ai encore ce merveilleux souvenir en tête de la traversée du canyon, obscur et sinueux, offrant des couleurs de roches rouges et des dégradés de couleur, témoin de l'usure du temps et de la vie sur les parois. On avance, on avance, on avance puis on le voit entre deux parois, on l'aperçoit, on avance, et il s'offre à nous dans toute sa splendeur : le trésor de Pétra.

Je vous avoue être venue à la base en Jordanie pour trouver une réponse à certaines questions, car avant de partir j'étais partagée entre mon désir de voyager, mon refus de m'installer ou de chercher un mari, et la vie stable et posée que je pouvais parfois envier chez mes collègues toutes mariées avec des enfants. J'espérais trouver cette réponse, assise dans le désert au milieu des chameaux, le regard dans le vide vers le soleil couchant ( j'ai le goût de la mise en scène oui ). C'est ce que j'ai fait.


Une fois en me perdant au sommet du trésor de Pétra, je me suis assise sur un rocher au milieu des chameaux à regarder le paysage et... rien! Pas de réponses, pas de signes, aucun appel, rien ( déception du jury ).


C'est donc émerveillée par les ruines, les tombes, le monastère, et le trésor de Pétra, de sa pierre rouge aux liserets pourpres et mauves, de la gentillesse de la population, que j'ai quitté la ville pour le désert de Wadi Rum. Au revoir à Pippa la jeune Anglaise intrépide, à Eros et Marina, les deux Italiens jeunes diplomés de l'université, à Olli et Rita, le couple Malaisie-Finlande vivant à Londres, à Cheryl l'Américaine de 65 ans continuant à voyager comme j'aimerais continuer de le faire plus tard, et au revoir à tant d'autres gens qui ont peuplé ma route.



La nuit dans le désert de Wadi Rum fut une des plus reposantes à ce stade du voyage où mes yeux commençaient à sentir le poids des réveils quotidiens à 5 ou 6h du matin. Accompagnée de Lee et Sarah ( deux anglais excentriques comme l'Angleterre aime les faire ), j'ai passé une soirée dans un camp bédouin très bien installé, autour d'un feu à écouter un chanteur avec sa sitar et manger un délicieux riz ( made of Love, comme disait mon chauffeur de jeep ), et un poulet cuit sur le feux. Une charmante soirée qui a réchauffé nos corps quelques peu engourdis de voyageurs.

Le meilleur souvenir de ce passage dans le désert, restera les quelques minutes que nous avons passé avec Lee et Sarah à regarder les étoiles, allongés sur une couverture sur le sable, au milieu de tout, un ciel étoilé tellement pur au dessus de nos tête, nous rappelant combien nous étions insignifiants dans tout l'univers.

Le lendemain, retour vers Amman, en passant par la Mer Morte ( le taxi de Mekhel se rappelle encore de tout le sel que j'ai semé après une rapide baignade dans l'eau fortement salée ) de retour au même hôtel où j'avais dormi en arrivant au début de mon séjour. Un petit mot de la part de Mauro m'y attendait, ainsi que le sourire et la sympathie du personnel de l'hôtel. J'ai pu y retrouver Sarah et Lee avec qui j'ai passé ma dernière soirée en Jordanie.


Après une courte nuit, j'ai repris le chemin de l'aéroport vers 5h du matin, emmenée par celui qu'on surnommait "Tiger" dans l'hôtel, brûlant tous les feux rouges sur sa route sous pretexte "qu'il n'y a personne dans les rues à cette heure". Oh dear God. J'ai fini par me résigner et fermer les yeux pendant le voyage pour éviter de voir arriver une morte certaine.

Après les 5h d'avion, je me suis retrouvée de nouveau à Paris, dans mon appartement, mes bras et mon visage carbonisés par le soleil de Pétra, et contant mes histoires à ma colocataire.

La Jordanie aura été un des voyages qui m'aura le plus marqué et le plus plu, car malgré ce que je disais plus haut, que je n'avais obtenu aucune réponse en étant assise seule dans le désert, au milieu des chameaux, avec le recul j'ai compris que j'avais trouvé ma réponse.
De façon inattendu, mais je l'avais trouvé : c'est en rencontrant toutes ces personnes, voyageant comme moi, que j'ai compris que je faisais les bon choix dans ma vie, que ce que je faisais en partant à l'aventure, c'était tout simplement ce que j'étais, et que si je devais me poser, trouver un mari maintenant et faire des enfants ici à Paris, je serais malheureuse. Il n'y a pas de bons ou mauvais choix pour sa vie, l'important c'est de s'écouter et tout mettre en oeuvre pour atteindre ses rêves et objectifs.

Tout simplement. La réponse ne m'est pas venue en observant le coucher du soleil sur les dunes du désert, elle est juste sortie de la bouche d'un jeune Suisse venu un peu par hasard en Jordanie qui m'a fait comprendre que si c'était ce que je voulais, alors j'avais raison de le faire, et que je DEVAIS le faire. C'est donc à Mauro, en grande partie, que je dois ce que j'ai accompli jusqu'ici en terme de voyage, car par sa personne, son enthousiasme, ses récits, son humour et sa générosité, j'ai voulu devenir comme lui, j'ai voulu suivre sa trace en le gardant comme un exemple du quotidien.



Pour tous les voyageurs que j'ai rencontré le long de mon chemin depuis toutes ces années : je vous aime tous.





Ta Ta ta taaaaa ! Tatataaaaaa ! ( Musique thème d'Indiana Jones )

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