mardi 11 août 2015

Voyage sur petit et grand écran




Kymia : En dehors du voyage, la musique remplie beaucoup mon quotidien, les livres, les randonnées, les sorties en plein air, mais surtout, LE CINEMA.
Je ne prétends pas être cinéphile car je connais très peu les grands classiques avant les années 1980, et je ne suis pas une grande connaisseuse des grands réalisateurs, je reste assez "mainstream" sur mes choix, et parfois je me permets un peu des originalités mais je connais des gens bien plus calés que moi.

Ici j'avais envie de combiner mon intérêt pour les voyages et pour les films, en faisant une petite liste des films qui m'ont fait voyager à travers le petit et grand écran ( à regarder en VOST je tiens à le préciser !! ). Bonne séance :)


La vie rêvée de Walter Mitty ( The secret Life of Walter Mitty )

Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l'action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu'il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.

 2013-12_LT-WalterMitty


Indochine

Dans l'Indochine des années trente, Eliane Devries dirige avec son père Emile une plantation d'arbres à caoutchouc. Elle a adopté Camille, une princesse annamite orpheline. Toutes les deux ne vont pas tarder à tomber amoureuses de Jean-Baptiste, un jeune officier de la marine. Au même moment, sur fond de nationalisme ambiant, sont perpétrés les premiers attentats contre les Français...
 


Sept ans au Tibet ( Seven years in Tibet )

A la fin de l'été 1939, l'alpiniste autrichien Heinrich Harrer, premier vainqueur de la face Nord de l'Eiger et qui rêve de conquérir le Nanga Parbat, sommet inviolé de l'Himalaya, accepte de l'argent nazi pour y planter le drapeau à croix gammée. La guerre éclate. Prisonnier des Britanniques à la frontiere de l'Inde, il s'évade. Commence alors la véritable aventure de sa vie: une longue errance qui se termine a Lhassa, résidence du jeune dalai-lama avec qui il se lie d'amitié.




Thelma et Louise

Deux amies, Thelma et Louise, frustrées par une existence monotone l'une avec son mari, l'autre avec son petit ami, décident de s'offrir un week-end sur les routes magnifiques de l'Arkansas. Premier arrêt, premier saloon, premiers ennuis et tout bascule. Un évènement tragique va changer définitivement le cours de leurs vies.




Indiana Jones - La dernière Croisade ( Indiana Jones and the last crusade )


Le 3e volet de notre archéologue préféré, qui affronte une seconde fois les nazis dans une course pour la quête du Saint Graal, aux côté de son père et de ses fidèles amis




The Darjeeling Limited

Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde afin de renouer les liens d'autrefois.
Pourtant, la "quête spirituelle" de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie...
Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c'est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu'aucun d'eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d'amitié et de fraternité... 

 


Away we go

Lorsque Burt et Verona apprennent qu'ils vont devenir parents, c'est la panique. Ils détestent la ville de province où ils habitent, et maintenant que les parents de Burt déménagent, plus rien ne les y retient. Ils décident alors de partir à la recherche de l'endroit parfait où fonder leur famille. Sur leur chemin, ils rendent visite à leur famille et à de vieux amis. Certains leur paraissent fous à lier, d'autres leur donnent envie de suivre leur modèle... Mais finalement, tous vont aider à leur manière Burt et Verona à réaliser qu'ils n'ont peut être besoin que l'un de l'autre pour fonder leur foyer. 

away we go


Le voile des illusions ( The painted veil )

Londres, 1920. Après un mariage trop vite accepté pour convenances sociales, Kitty part avec son mari, Walter, médecin bactériologiste, pour vivre à Shanghai où il doit mener des recherches. Rapidement, la jeune femme tombe amoureuse d'un autre homme.
Lorsque Walter découvre l'adultère dont il est victime, il promet à Kitty de lui accorder un divorce qui ne mentionnera pas son infidélité et lui conservera ainsi une réputation sans tache, si son amant quitte sa femme pour l'épouser. Walter sait que cet homme place sa carrière avant ses nombreuses conquêtes féminines...
Abandonnée par son amant, brisée, Kitty accompagne son mari dans une région où une épidémie de choléra balaie les populations et où les guerres locales font rage...




Into the wild

Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui.
Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres.
Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature. 



L'auberge espagnole

Xavier, un jeune homme de vingt-cinq ans, part à Barcelone pour terminer ses études en économie et apprendre l'espagnol. Cette langue est nécessaire pour occuper un poste, que lui promet un ami de son père, au ministère des finances. Mais pour ce faire, il doit quitter sa petite amie Martine, avec qui il vit depuis quatre ans.
En Espagne, Xavier cherche un logement et trouve finalement un appartement dans le centre de Barcelone qu'il compte partager avec sept autres personnes. Chacun de ses co-locataires est originaire d'un pays différent.






The way


Tom Avery, médecin américain à l’existence confortable, se rend d’urgence en France où son fils Daniel vient de disparaître lors d’un accident en montagne. Il découvre sur place que ce fils qu’il n’a jamais compris avait entrepris le pèlerinage de Compostelle. Tom décide alors de prendre le « camino ». Sur sa route, il croise Jack l’irlandais, Sarah la canadienne ou encore le hollandais Joost, pèlerins aux caractères bien trempés. D’abord fuyant, Tom s’ouvre pas à pas, à mesure qu’il apprend enfin à « marcher ensemble ».



Et tellement d'autres encore ... :)

jeudi 23 juillet 2015

Seule sur la route

Qui a l'habitude de voyager sait qu'il arrive toujours un moment où il faut partir - Paolo Coelho


Kymia : La dernière fois, je dînais à Lausanne, en compagnie de nouvelles connaissances, et comme toujours le sujet a vite dérivé sur les voyages ( ce qui arrive souvent quand je fais partie de la conversation ...) et très vite les deux jeunes hommes en face de moi m'ont demandé où j'avais voyagé.

J'ai toujours eu l'impression d'avoir beaucoup voyagé mais plus je me penche sur la carte du monde et plus je me rends compte que mon score est assez ridicule.

Après ça, le jeune homme en face de moi m'a demandée si cela me tenterait et si je me sentirais capable un jour de partir voyager seule.


J'ai doucement rigolé devant cette question, car depuis ces 5 dernières années j'ai pris l'habitude voyager seule. Pour des raisons diverses et variées. Voici un post sur le pourquoi je voyage seule, comment et pourquoi c'est une bonne idée pour ceux qui oseraient se lancer.

1. Voyager seule ne signifie pas voyager seule

Je vous assure, ce premier point à tout son sens!
Ma première expérience seule à l'étranger était en juillet 2010 où je me suis envolée pour la Finlande, avec l'intention de participer à un festival de jonglage ( oui une époque révolue de ma vie mais à laquelle je suis encore nostalgie...*soupir* ). A l'époque je vivais à Londres, j'étais donc la seule de mes autres amis jongleurs à partir de ce côté de la Manche, les autres étant plutôt fidèles aux aéroports de Paris.

Le sort a fait qu'à cette période, une grève des aiguilleurs a empêché tout ce beau monde de partir pour ce merveilleux pays, et les a gardé figés et déçus sur le territoire français.
D'abord hésitante, j'ai fini par aller seule à Helsinki en me disant que je rencontrerai bien des têtes familières sur place.

Premier pas vers le voyage seule, je me retrouve à Helsinki en juillet 2010, où le soleil ne se couche jamais vraiment, où la nuit semble noire vers 1h du matin et qu'il se relève vers 4h.
Je suis donc arrivée dans une auberge de nuit hors de prix ( comme le reste du pays ), où j'ai squatté un dortoir pendant les 2 jours qui me séparaient du début du festival.

Et là..

La simplicité même. Dès que je me suis assise dans le lobby pour lire, un jeune Irlandais est venu me parler et m'a posé les quelques questions qui deviendront par la suite mon quotidien dans les différents voyages que j'ai fait et que je qualifie de "cheap talk"

"What's your name? Where are you going? Where have you been before? When did you start your trip?"

Aussi simple que ça. Après ça j'ai rencontré une Israëlienne, une Russe, puis une fois à la convention, des Anglais, des Allemands, des Espagnols etc.

Le reste de mon expérience de voyage en solitaire, m'a vite fait comprendre que les gens qui voyagent seule sont très nombreux, très particulièrement les hommes, aussi être une fille seule rend l'approche et la rencontre encore plus facile. Car il faut bien le dire, les gens ont toujours l'air plus accessible quand ils sont seuls à lire un livre plutôt qu'à un groupe de 6 où les gens éclatent de rire entre eux à leur blague, ou encore que les couples dont on a toujours peur de déranger l'intimité.

Durant mon voyage de 3 mois en Amérique du Sud,  les seuls moments où j'ai pu être vraiment seule, était le résultat de ma propre initiative, quand j'étais en effet fatiguée de ces rencontres superficielles et éphémères d'un jour, et où je devais recommencer ce "cheap talk" tous les jours.

2. Il FAUT apprendre l'ANGLAIS dans la vie

Un des arguments qui m'a souvent poussée à voyager seule est la barrière de la langue.
J'ai eu la chance et l'initiative d'apprendre l'anglais par moi même quand j'étais jeune adolescente, à force de regarder des films et des séries en VOSTFR, ce qui a habitué mon oreille à la langue de Shakespear et a rendu mon apprentissage de cette belle langue bien plus facile.

"Life is too short to learn German"
J'adore parler anglais, je pense parfois en anglais, et mon sens de l'humour est différent dans cette langue ci, j'ai même appris au détour d'un voyage en Bolivie avec mes compagnons Canadiens de Vancouver, que j'avais un humour canadien. Qu'est ce que cela signifie? Pas la moindre idée, mais apparemment mes réponses collaient bien à leur blagues.

J'adore parler anglais, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Et malheureusement, trop de fois je me suis retrouvée tiraillée entre une amie avec laquelle je voyageais qui ne parlait pas un mot d'anglais, et des Américains, Anglais, Australiens, Irlandais, ou même Allemands, Hollandais etc. qui me proposaient de venir boire des verres ou diner avec eux.
  
Gênée de laissée mon amie seule car elle se sentait vite à l'écart des conversations et s'ennuyait ferme, mais aussi déçue de ne pas pouvoir connaitre plus ces gens qui avaient sûrement beaucoup à m'apprendre, je finissais souvent par maudire le mauvais système français d'apprentissage des langues.

J'ai souvent décidé de partir seule à cause de ça, à cause de cette limite linguistique que peuvent avoir mes compagnons de route qui m'empêche de vivre mon voyage comme bon me semble ( argument très egoïste je vous l'accorde, mais ma passion des voyages me poussent à n'agir que dans mon propre intérêt dans ce genre de situation ) que j'ai moi même expérimentée de l'autre côté, quand j'étais en Amérique du sud, et je me rendais compte que mon espagnol était trop limité pour avoir une réelle conversation.

Ne pas cultiver cette curiosité de la langue étrangère est pour moi une énorme erreur, car il suffit de la dépasser et d'essayer, d'y consacrer du temps et de se lancer, et là on ouvre des portes d'un autre monde, d'une autre culture, d'un autre univers en osant parler à quelqu'un qui vient d'ailleurs et qui a sûrement plein de choses à nous apprendre, et à qui on a sûrement aussi des choses à apprendre. Cette porte qui est si proche, reste malheureusement fermée si la barrière de la langue n'est pas soulevée. 

Canadian, French and Dutch meet on the top of Samaïpata mountains


3. Parfois j'ai juste envie de dormir ou boire des coups et je n'aime pas les musées

Une autre raison qui me fait souvent prendre la route en solitaire c'est tout simplement : la différence d'envie.

Alors, oui j'aime les randonnées et la nature, non je n'aime pas les musées, oui j'adore boire des bières entre voyageurs, non je n'aime pas les boîtes de nuit, oui j'aime explorer les lieux, non je n'ai pas besoin de faire ça toute la journée, oui parfois je me réveille tard, non je n'ai pas besoin de tout voir dans chaque ville.

Une mauvaise expérience de voyage avec un bon copain du quotidien qui s'est révélé être un terrible compagnon de route pour moi, m'a fait décider de ne plus me plier aux envies des autres lors de mes voyages. Je suis totalement ouverte aux propositions, mais je préfère ne pas me forcer à divertir l'autre en le ou la suivant dans des choses qui ne m'intéresse absolument pas alors que je n'ai qu'une envie c'est de dormir toute la journée. Et il faut l'avouer, on le fait toujours un peu quand on voyage à plusieurs, on se sent obligé d'être actif pour ne pas que l'autre s'ennuie.

C'est cette possibilité a pouvoir voyager comme je l'entends qui fait que je suis souvent seule sur la route, comme cette fois à Salta en Argentine ( cf : le post sur l'Argentine ) où je ne souhaitais pas visiter la ville ni faire du cheval comme tous les touristes le font, j'ai préféré boire du vin, manger des empanadas et rester à discuter avec des Suisses allemands. Faire à mon rythme, voir les choses que je veux sans faire me sentir obligée de faire tout ce qui se trouve sur le guide, et profiter.

Après comme je l'ai dit plus haut, 98% du temps je n'étais pas seule lors de mes voyages, mais je rencontrais des gens sur le chemin, avec qui je n'avais pas d'engagement, pas de besoin ou de nécessité d'être tout le temps avec eux, on pouvait être ensemble une journée et se laisser le jour d'après, reprendre chacun sa route en ayant profité du temps passé ensemble.

Profiter. Profiter d'être moi, avec moi.
Car il n'y a qu'en voyageant que je me sens vraiment moi.


4. Voyager seule, ça apprend carrément la vie

Alors oui, ça impressionne parfois les gens quand je dis que je voyage seule et la réaction que j'ai souvent c'est "oooooh mais je sais pas comment tu fais moi je pourrais pas !!!!".
Oui c'est sûr qu'il faut être capable de se supporter soi même et de se divertir soi même, donc quand on est incapable de faire ni l'un ni l'autre, ce type de voyage ne correspond pas.

Mais être seule, oblige aussi à une certaine ligne de conduite, particulièrement quand on est une femme seule. On me demande souvent si je n'ai pas peur quand je voyage ainsi. Eh bien non je n'ai pas peur, et je crois bien que je suis même un peu inconsciente parfois, et même si une fois ou deux j'ai sûrement dû frôler le drame, je n'ai jamais rien eu en terme d'agression. Mais bien sûr il ne faut pas jouer à l'imbécile.

Je ne suis pas partisante du "oui mais moi je suis pas une touriste, je veux voyager à la roots et vivre un truc authentique, avec des gens hors des grandes villes"

Premièrement, je vais vous dire une chose, nous sommes tous des touristes. Pas de la même manière bien sûr, je ne me considère pas comme les touristes chinois qui se déplacent en bloc et mitraille toutes les rues ou se font des films selfie tous le long du voyage et voyagent dans l'Europe en 7 jours.
Mais peut importe à quel point on ne veut pas être un touriste quand on voyage dans un pays étranger en sac à dos pour une courte période, on est vu et considéré comme un touriste.

Deuxièmement, je vous dis ça parce qu'en tant que fille seule, j'ai une ligne de conduite à tenir pour éviter que le voyage ne tourne au drame, et qui ne peut être compatible avec le discours de ne pas être une touriste et de vouloir sortir des sentiers battus.

Par exemple : je ne me permet pas de sortir le soir seule, ni de sortir des lieux touristiques ou des villes plus ou moins grandes et connues, je prends les transports officiels, j'évite les excursions sauvages sans un minimum de marquages et si quelqu'un me dit de ne pas aller par là, alors je n'y vais pas. Ainsi j'évite de me retrouver dans des situations à risque, et si malgré tout cela m'arrive, je n'aurai simplement  pas eu de chance, mais j'aurai tout fait pour ne pas le provoquer.

Les histoires d'agressions arrivent souvent et n'importe où dans le monde, pas forcément en Amérique du Sud qui semblent toujours être la jungle pour les Européens ni dans les pays arabes qui semblent tous être dangereux et sous le contrôle du Daesh pour les Nord Américains ( notez que cette tendance est très intéressante, plus c'est loin de chez nous et plus les opinions sont méconnues et extrêmes dans le négatif ). 

Toute cette psychoses vient surtout de fait que les gens entendent dire des choses, se réfèrent parfois au site du gouvernement qui nous déconseille de visiter les 3/4 de la Terre, mais les gens ne savent pas vraiment. Aussi il est souvent drôle d'entendre les gens dire avoir peur de lieu où vous avez vécu ou alors où vous êtes déjà passé.

Comme parfois on me dit "Paris c'est tellement dangereux, j'ose pas y aller, parce que je serai obligée de prendre le métro ça fait trop peur, il y a tellement d'agression!"
Ca me fait toujours doucement rire....

Je sors un peu du sujet là, mais je pense qu'on se méprend beaucoup sur certains pays ( d'autres sont réellement dangereux et je ne le contredit pas ), la Colombie n'est pas qu'un cartel de prostitution, de drogue et de pauvreté, l'Amérique du Sud est aussi avancée que l'Europe, l'Inde n'est pas un lieu où on se fait violer dès qu'on est une femme, les pays arabes ne sont pas tous à risque encore moins les pays comme la Turquie.

Se renseigner auprès de personnes qui sont passés récemment dans les pays convoités est la meilleure solution, et non pas se crée un fantasme, une psychose véhiculée par les médias ou par des rumeurs dépourvues de fond.

Donc psychose non, prudence oui.


Salar de Uyuni, Bolivie

Voyager seule, c'est aussi tout simplement apprendre à se débrouiller, à poser des questions, à aller vers les gens, a apprendre à parler des langues, à réfléchir de façon logique à des choses qui nous semblent simples dans la vie quotidienne, à dépasser ses limites et faire des choses qu'on aurait pas pensé être capable de faire un jour.

Voyager seule amène aussi à être plus humble, on sort de ses habitudes, de son monde, et sa fameuse zone de confort, on est seul et vulnérable, et on se surpasse, on va vers l'autre, on s'ouvre à l'autre et on laisse de côté toutes les habitudes, les choses qu'on connaissait de notre vie du quotidien, de la confiance qu'on avait acquis dans un cercle social parfois un peu fermé, on s'ouvre, on se montre tel qu'on est sans l'influence sociale derrière.Et on accepte de suivre les autres là où on aurait pas pensé à aller de soi même.

Amérique du Sud 2012 - Bolivie - Salar d'Uyuni

"The world is a book and, and those who do not travel only read a page" - Sainte Augustine


Décembre 2012 - Bolivie

Kymia : La suite de mon aventure sud américaine, s'est poursuivie, dans la logique des choses à la Quiaca, la frontière entre l'Argentine et la Bolivie.
Sur les conseils de différents voyageurs rencontrés à Salta, j'ai préféré arriver avec le premier bus de la journée sur les lieux, afin de ne pas attendre à la frontière la soir, seule, mon passeport à la main.
Car oui, il est long et parfois difficile d'obtenir son tampon pour passer la frontière, alors autant le faire en plein jour et sous le soleil, plutôt que le soir, dans une ambiance sordide.
Une fois la frontière passée, je me suis arrêtée à Tupiza, avec pour seul but, un des "high light" du voyage : le Salar d'Uyuni ( mer de sel ), une des plus belles choses que j'ai eu l'occasion de voir dans ma courte vite et une des expériences les plus palpitantes. J'y consacre ici un post rien que pour lui, le reste de la Bolivie viendra après, car ce lieu est tellement exceptionnel, qu'il mérite qu'on en parle longuement.
Il existe deux façon de faire le circuit du Salar, en partant d'Uyuni vers Tupiza ou de Tupiza vers Uyuni.
Suivant encore les conseils d'un voyageurs, j'ai décidé de garder le Salar d'Uyuni pour la fin, comme une récompense qu'on attend, comme un cadeau qu'on nous aurait promis.

Le circuit du Salar, se fait en jeep, UNIQUEMENT en jeep, et ceux qui l'ont fait, comprennent bien pourquoi il n'est pas possible de le faire seul à pied, car ce site est tout simplement GIGANTESQUE et si on veut être sûr de ne pas louper des choses, il faut partir avec un guide, avec sa jeep, et une gentille cuisinière assise à ses côté pendant 4 jours qui nous préparent des petits plats lors de nos arrêts dans les gîtes ou à l'arrière de la jeep dans une cuisine improvisée.

Il est bien difficile de décrire ce merveilleux circuit qui reste un des moments les plus époustouflants de la plupart des voyageurs qui sont passés par là.
Les 4 jours, se découpent dans des régions complètements différents les unes des autres et offrent des paysages figés dans le temps tel des tableaux qu'on observerait longuement sur les murs d'un musée sombre.

Nous avons commencé par roulé à travers les montagnes, visitant des villages déserts, où les ruines laissaient penser à une histoire triste et dramatique, puis nous nous arrêtions dans des lieux un peu plus peuplés où habitants et lamas cohabitaient. Quebrada de Palala, El Sillar, Nazarenito, Chilcobija, Cerrillos, Poulos, Rio San Pablo, San antonio de Lopez...
Entre déserts sablés et montagne enneigées nous avons vu passer plusieurs continents sous nos yeux en quelques heures.
Le temps passe lentement à l'arrière d'un jeep où nos genoux sont coincés contre le dossier de devant, et où le silence règne la plupart du temps. Je n'ai pas la chance de tomber sur une équipe de choc pour ce voyage, j'ai partagé mon temps avec deux Français et une Australienne avec qui le courant passai très peu ( du moins avec moi ) et je regrettais souvent de ne pas être partis avec ce groupe de 3 garçons que j'avais croisé à Tupiza mais à qui je n'avais pas osé proposer ma participation au circuit et que j'ai finalement retrouvé plus tard sur le chemin.

Nous avons donc parcouru déserts à perte de vue, vu de près et de loin des montagnes telles des mirages peintes au pinceaux, laissant ne brume de poussière glisser le long de ses côtes, nous avons fait plusieurs arrêts pour observer les lagons et leur couleurs improbables, El Lagon Colorada où les flamants roses se tenaient majestueusement sur les eaux colorées, prêts à s'envoler, nous aussi pris pris un bain chaud tant attendu dans les thermes, respiré l'odeur de souffre qui jaillissait des geysers et dormi dans un hôtel entièrement fait de sel ( dont j'avoue avoir léché le mur pour confirmer sa note salée ).

Un des grands problèmes qui peut être relatif selon les personnes est : el mal de la muntaña.
Le tour du Salar d'Uyuni monte à plus de 4000m d'altitude, autant vous dire qu'à cette hauteur, nous manquons vite d'oxygène, que le souffle devient court, et qu'une petite pente à monter peut nous donner l'impression de respirer comme un asthmatique. A cela s'ajoute le mal de tête qui m'a pris plusieurs fois durant les froides nuits du Salar, mais heureusement les remèdes locaux marchent souvent bien, tel que les feuilles de coca dans le thé.





Le dernier jour du tour a été la consécration, le lumière au bout du tunnel, le graal, le moment tant attendu, tout ce que vous voulez, mais il était là : le Salar d'Uyuni.
Une mer de sel à perte de vue, où  le soleil qui se reflète sur ces dalles blanches vous brûlent la peau et les yeux, et où l'infini se déroule là sous nos yeux.

Nous nous sommes levés avant le lever du soleil pour observer le jour se lever sur cette magnifique étendue, puis nous avons visiter une île aux cactus, et parcouru le reste de ce désert en jeep.
James, Samer et Thomas, les trois rigolos de la bande se sont permis, malgré les interdictions du chauffeur de monter sur le toit de la jeep, et nos avons tous fini par suivre le même chemin.

Être là, assise, sur le toit d'une jeep, parcourant ce grand miroir naturel vers un point inconnu, m'a fait vivre un des plus beaux moments de ma vie. C'est dans ce genre de moment que la jeunesse nous prend, peu importe l'âge et qu'on se sent immortel, quand le vent nous caresse le visage et passe ses doigts fins dans nos cheveux, que le soleil est là pour nous regarder avec clémence, on se rend compte de la chance que l'on a de pouvoir voir ça et d'être là, et là on se dit : nous sommes immortels.
James, Samer et Thomas








Après avoir fait notre instant touriste et pris nos photos avec des effets de perspectives nous avons rejoint un lieu qu'on appelait "le cimetière des trains", où des cadavres de wagons et locomotives se trouvaient, eux aussi figés dans le temps, à attendre un énième touriste qui souhaiterait entrer dans ses entrailles et y faire le rigolo.




Le tour du Salar s'est terminé dans la ville d'Uyuni, où nous somme rapidement redescendu de nos petits nuages de sel, confrontés à la dureté et l'impolitesse des habitants face aux touristes. La ville était d'ailleurs réputée pour ça, après avoir vu passer des centaines de milliers de touristes, le sourire s'est petit à petit évanoui du visage des habitants.

Cette expérience restera uns des plus belles de mon voyage en Amérique du Sud et de tous les voyages confondus que j'ai eu la chance de faire. Je souhaite à n'importe qui de se retrouver là  un jour, pour sentir l'infini glisser entre nos doigts, sentir le soleil nous accompagner à nous en brûler les ailes, et rouler vers l'infini, comme si demain n'avait plus d'importance, car on avait vécu le Salar d'Uyuni.

En se concentrant bien, on peut y lire "Bolivia" :)


La suite des aventures en Bolivie à venir dans un prochain post.