lundi 25 janvier 2016

Kolkata - La Cité de la Joie

Article écrit pour le site de nomademagazine.com

Volontaire à Kolkata
la Cité de la joie


Kolkata et Mère Teresa

Kolkata, 13 millions d’habitants, est la capitale du Bengale occidental, où les populations ne parlent pas hindi entre elles mais bengali, la seule ville d’Inde où les rickshaw peuplent encore les rues ( qu’on appelle aussi « human  horses » ces hommes qui transportent des gens dans un véhicule à deux grands roues, qu’ils tirent en courant, à travers la ville ) et où l'influence britannique garde encore ses traces dans ses majestueux bâtiments coloniaux. Elle est aussi la ville considérée comme la capitale culturelle de l’Inde, où des festivals de cinéma, de concerts de musique classique indienne, de foire aux livres et autres festivités prennent place chaque année.

En son berceau se trouve le maison mère d’une femme qu’on ne présente plus : Mère Teresa.




Née Agnès Gonxha Bojaxhiu en Macédoine, la future « Sainte de Calcutta » a fait ses premiers pas dans un ordre religieux irlandais de Loreto en 1929 et sera envoyée pour la première fois en Inde en 1937. Lors d’un trajet en train entre Darjeeling et Kolkata le 10 septembre 1946 ( jour qu’elle appellera « the inspiration day » ), soeur Marie Teresa ressent ce qu’elle nommera « l’appel », celui d’un Dieu qui la poussera à sortir du couvent pour aider les plus démunis dans la rue. Elle devient d’abord professeur d’école dans les bidonvilles, et fini par obtenir l’autorisation de l’archevêque d’ouvrir sa propre congrégation qu’elle nommera « Les missionnaires de la charité », chargée de recueillir les plus miséreux dans ses maisons. Elle porte dès lors de la fameux sari blanc au liseré bleu afin de se fondre dans la population indienne et revêt aussi le nom de Mère Teresa.


En 1952 elle fonde Nirmal Hriday ( « coeur pur » en Bengali ) dans le quartier de Kalighat dans le sud de Kolkata, plus connu en France sous le nom de « mouroir de Kalighat », et première maison construite par les Missionnaires de la charité, avec comme but de recueillir les vagabonds et les indigents moribonds. S’en suivront la construction de plusieurs maisons dans Kolkata ( Prem Dam, Shanti Dam, etc. ) et dans le reste de l’Inde.
Son histoire, ses actions et ses engagements sont bien trop nombreux pour les énumérer ici, je vous laisse donc la liberté, de chercher par vous même, à connaître un peu plus cette femme hors du commun.

A la fin de sa vie en 1997, Mère Teresa avait ouvert 517 missions dans le monde entier, reçut plusieurs prix dont le prix Nobel de la paix en 1979, la légion d’honneur haïtienne en 1981, et fut béatifiée en 2003 par Jean Paul II.

Très critiquée par de nombreux médecins, écrivains et journalistes pour les conditions d’hygiène déplorables, l’absence de soin dans les maison, pour avoir accepté des dons de dictateurs qui souhaitaient avoir son image médiatique de leur côté, ou encore pour son engagement contre l’avortement et la contraception, Mère Teresa reste malgré dans les esprits, une incarnation de la générosité, de la bonté et de la dévotion humaine.


A quoi ça ressemble d’être volontaire là bas?


Déjà, pourquoi être volontaire chez les Missionnaires de la charité de Mère Teresa?

On pourrait trouver autant de raisons qu'il n'y a de volontaires, mais une chose est sûre c’est qu’on ne vient pas à Kolkata par hasard. Devenir volontaire pour les missionnaires reste une démarche très particulière, différente de tout autre association caritative ( pour le côté religieux, l’absence d’engagement, d’encadrement etc. ) et reste assez méconnue d’une manière générale en occident.

Les gens qui viennent jusqu'à la Cité de la Joie viennent parfois chercher une réponse à leur vie ( oui oui comme Patrick Swayze dans le film ! ), à des questionnements restés en suspend, parfois ils viennent pour se détacher de leur vie type occidentale, moderne, plongée dans consommation de masse, pour se recentrer sur des choses plus importantes : l’humain Certains viennent aussi car ils ont inconsciemment besoin de voir la souffrance des autres pour se rendre compte des privilèges de leur propre vie ( comme on dit « se prendre une claque » ), pour retrouver un peu de sens à leur vie en aidant les autres, certains suivent un devoir religieux, où Mère Teresa a une place importante, et certains viennent car ils ont « juste envie » d’aider les autres.


C’est mon cas.
Kymia, 28 ans, infirmière et voyageuse courte sur pattes, je suis venue à Kolkata sans chercher de réponses, sans souffrances, sans questionnements, juste avec l’envie de donner de mon temps, et de ma personne. Quand on me demande pourquoi je suis venue à Kolkata pour rejoindre les volontaires de Mère Teresa, je réponds que j’ai eu le privilège dans ma vie, de pouvoir vivre libre, manger à ma faim, être éduquée, réaliser mes rêves, et que je sais que beaucoup n’ont pas eu ce même privilège, alors c’est en moi presqu’un devoir d'aider et de donner à ceux qui n'ont pas eu cette même chance.

La vie de bénévole pour Mère Teresa nous plonge dans un quotidien religieux catholique, auprès des soeurs et de leurs prières, où dans chaque maison la misère et la tristesse emplissent l’atmosphère, on y voit des gens dans un état de santé catastrophique ( des verres dans les plaies ouvertes...Brrrrr ), dans des situations sociale précaire ( femmes battues, attaquées à l'acide, enfants handicapés abandonnés.. ), sortant d’un passé et d’une histoire dramatique, et pleurant à chaude larmes à leur arrivée…Mais il y aussi les couleurs, les rires, les mains tendues, les câlins, les sourires édentés des résidents à qui ils restent encore la force de vivre. Il y a cette petite satisfaction d’avoir participé à quelque chose, d’avoir aidé à sortir une personne de la rue et de lui donner un visage et un nom.

Aider les autres, toucher les gens directement en les massant, les portant ou en les aidant à se laver fait partie de mon quotidien à l’hôpital, mais je sais que beaucoup de volontaires, particulièrement les hommes, ont besoin de quelques jours pour passer ce cap. Il est d’ailleurs assez émouvant de voir dans leurs yeux, les premiers moments déroutants qui bouscule leurs idéaux, et le moment où ils finissent pas entrer dans la relation, et faire ce qu’ils n’auraient jamais pensé faire un jour : toucher l’autre.


Être volontaire chez Mère Teresa ne nécessite aucune formation, ni médicale, ni paramédicale, ni social, du moment que l’on vient avec « des mains pour servir et des coeurs pour aimer » comme le disait cette dernière.
D’ailleurs, on ne vous demande absolument rien, vous ne vous engagez à rien, vous n’êtes pas obligé de revenir le lendemain si ça ne vous plait pas, et vous pouvez rester 1 jour comme 1 an. Si vous décidez de venir ici, n'ayez pas trop d'attentes, car on vous le dit bien, ils n'ont pas besoin de vous, ils ont fait tourné leurs maisons sans vous jusque là. Les employés maisons qu’on appelle « massi » vous le feront bien comprendre parfois en vous enlevant le balai des mains ou en vous disant de dégager le plancher quand vous faîtes mal la lessive. Ne le prenez pas mal, les Indiens sont parfois un peu brusques entre eux, c’est leur façon de faire, et les massis en ont aussi marre de voir de nouvelles personnes débarquer sans arrêt pour ne rester que 2 jours. Pour demander de l’aide et des explications, il est plus simple de demander aux autres volontaires.


Alors concrètement comment ça se passe?

On se présente lors des jours d’orientation qui sont les lundis, mercredis et vendredis de chaque semaine, à 15h au :




Nirmala Shishu Bhavan (Maison de l'Enfance),
78, A.J.C. Bose Road, Kolkata - 700016



Les soeurs et d’autres volontaires accueillent les nouveaux arrivants, leur demandent de noter sur un papier leurs coordonnées et distribuent selon la langue d’origine, des documents sur les différentes maisons de Mère Teresa dans lesquelles il est possible de travailler, selon les désirs de chacun et selon les places disponibles.
Une fois la décision prise et l’accord donné par les soeurs, chaque volontaire se voit offrir un médaillon de la vierge Marie et une carte stipulant le lieux où il va travailler faisant office de pass.


La journée commence avec la messe à 6h, qui n’est absolument pas obligatoire ( mais intéressante à expérimenter une fois dans sa vie) puis du petit déjeuner entre les volontaires.C’est un moment social et détendu où tout le monde peut se retrouver et discuter le temps d’un tchaï. Les soeurs nous réunissent ensuite, s’en vient une courte prière, et quelques annonces, avant de dire au revoir aux volontaires qui effectuent leur dernier jour de travail.
C’est souvent un moment émouvant, quand les volontaires sur le départ, se réunissent dans un cercle et qu’une chanson est entonnée par le reste des bénévoles pour leur dire au revoir. «  Thank you, thank you, thank you, thank you, thank, thank you, thank you from our heart… » Petite larme assurée !


Après cela, les volontaires se séparent dans leur maison respective.

Pour ma part j’ai découpé mon temps entre le dispensaire de Shishu Bhavan, et le « mouroir de Kalighat ».


A Kalighat, le travail commence vers 8h30 ( sauf le jeudi, jour de repos des volontaires ), on enfile notre plus beau tablier, avant de mettre nos mains dans les bassins d’eau savonneuse pour nettoyer une quantité conséquente de linge, entre draps, taies, chemises, pantalons et robes à fleurs. Après avoir fini la lessive et étendu le tout, l’heure est au massage des patints, les hommes avec les hommes et les femmes avec les femmes. Cette heure est ouverte à faire plus ou moins ce qui nous inspire, discuter tant qu’on peut avec des résidents, leur hydrater leur peau sèche et fripée avec de la crème parfumée, les raser pour les hommes, les aider dans des exercices de physiothérapie, les aider à aller aux toilettes, les stimuler à faire des activités comme coloriage ou puzzle, mais concrètement, ce sont des moments paisibles de sourires et de caresses qui remplissent les murs de Kalighat. Car en tant que volontaires, on ne peut pas faire beaucoup plus pour ces personnes.


Après l’aide au déjeuner, la vaisselle à la chaîne, et le nettoyage du sol, nous sommes libérés vers 12h, puis retour vers Sudder street, le quartier des volontaires, pour un bon déjeuner dans la rue qui nous coûte qu’une moitié d’euros ( oui on fait des économies à Kolkata ! )

L’après midi, on se retrouve souvent pour aller au marché, visiter la ville bruyante, ou se reposer chacun de son côté, lire, faire avancer nos recherches, nos projets, faire une bonne sieste, avant de se regrouper à nouveau au Blue Sky ou au Spanish Coffee, les deux repères de tous les volontaires.

Le plus souvent les volontaires ne travaillent que le matin, et peu d’entre eux reviennent l’après midi, car c’est un rythme éreintant, et certaines maisons ne se trouvent pas à proximité de la Mother House, ou du quartier du Sudder Street. Il faut donc de résoudre à prendre les transports en communs.
Les transports en Inde sont une grande aventure, autant intéressante que pénible, pour la conduite catastrophique des Indiens, les rues constamment bondée entre rickshaws, voitures, vélos, motos, scooters et piétons, l’instabilité des routes, la chaleur, et la foule qui se tasse dans cette boîte de métal. C’est pourquoi beaucoup de gens rechignent à revenir l’après midi.

Voila le quotidien des 24 jours que j’ai passé en tant que volontaires chez les missionnaires de la charité de Mère Teresa.


Et alors c’était bien?






Ma première expérience en Inde en 2013 avait été décevante. Je rêvais depuis toute petite de découvrir l’Inde, ses couleurs, son architectures, sa joie, et ses belles indiennes en saree, seulement mon premier voyage au Rajasthan avait été ponctué d’arnaques incessantes, de sentiments d’insécurité et de situations pesantes.
Ma décision de revenir en Inde une seconde fois avait été motivée par la possibilité et la facilité d’intégrer les volontaires de Mère Teresa, mais aussi par un désir de redonner une seconde chance à l’Inde, en sachant que cette expérience serait différent car je resterai au même endroit pendant plus de 3 semaines.

Je suis donc revenue , et mon intuition était la bonne, car cette deuxième expérience en Inde a été bien différente de la première.

J’ai aimé me promener dans les rues de Kolkata, longer Sudder Street de long en large tous les jours, en commençant à avoir une rue de quartier, où les gens vous reconnaissent, où les indiennes vous interpellent en criant « auntie auntie ! » j’ai aimé parcourir la route qui mène à la maison de mère des missionnaires le matin de bonne heure, au moment où les rues sont encore calmes, les hommes se lavent dans les rues en portant leur pagne, se rinçant à grande eau, pendant qu’à côté les autres pissent sur des mur où il est inscrit « interdit d’uriner sur ce mur ». Dans ces rues étroites les rickshaw wala ralentissent près de vous en demandant « Mother house? » en sachant que quasiment tous les occidentaux dans cette ville sont des volontaires se dirigeant vers la maison mère. Les cuisines ont commencé à préparer leur pâtes à « naan » depuis 4h du matin, et les font cuir sur une pierre chaude, les klaxonnes commencent déjà à sonner ( oui car c’est le chant quotidien de l’Inde, les klaxonnes ), les odeurs d’ordures, d’urines, et de cuisine vous agressent les sens, mais font partie de ce tableau embrumé chaque matin.


J’ai aimé tous ces gens que j’ai rencontré, les volontaires venues du monde entier avec chacun leur histoire, les soeurs souriantes, parfois un peu dures, mais toujours tolérantes, les employés du Galaxy Hotel, toujours tellement serviables, les serveurs du blue Sky et Spanish Coffee qui nous faisaient toujours des blagues.


J’ai aimé ces gentilles résidentes de Kalighat, qui nous appellent toujours « auntie » elles aussi, qui sourient de leur 4 dents restantes. J’affectionnais particulièrement une d'entre elles qui s’appellait Gauri, toute recroquevillée sur elle même avec le dos rond d’un chat, minuscule petite dame à la peau mâte, ridée et toujours entrain de rire et sourire en me disant « piti piti ». Je n’ai jamais su ce que ça voulait dire, mais je l’appelais souvent « Bibi » car quand je lui demandais son nom elle me disait « Bibi » bien que la soeur me disait qu’elle s’appelait en fait Gauri. Elle rigolait, me disait plein de choses en Bangali puis prenait mes mains pour les mettre dans son dos car elle adorait qu’on lui masse le dos. J’aimais particulièrement ce petit bout de femme et elle me le rendait bien.


On dit qu’en aidant les résidents de ces maisons, en tant que volontaires, on s’aide plus soi même, qu’on ne les aide eux.

Simplement parce qu'en venant ici, beaucoup de personnes arrivent à dépasser leur limites auprès de ces gens,ils brisent leurs idéaux de vie proprette, en mettant concrètement les mains dans la m**de, en faisant face à la maladie, la misère, la pauvreté, la saleté, ils apprennent plus sur eux même, sur ce qu’ils veulent réellement, ils apprennent à braver l’inconnu, et à tendre leur main. Ils se retrouvent au contact des gens comme ils ne l’on jamais fait avant, et se sentent utiles, ils se sentent appartenir à quelque chose. Et c’est bien là, la quête de notre vie : appartenir. On en ressort plus fort, plus solide, plus compatissant, plus sensible, et plus vrai.

Les résidents quant à eux voient des volontaires passer à longueur de journée, des différents tous les jours, et notre aide, ponctuelle, ne changera pas le fonctionnement de Kalighat et des autres maisons. On a beau être plein de bonnes intentions et tenter de faire avancer ces gens, une fois parti, on sait que les choses redeviendront comme avant et que ces résidents seront sûrement laissés dans un coin. On se sent parfois inutile.


Mais c’est bien pour ça qu’il faut continuer à venir chez les missionnaires de Mère Teresa, car chaque volontaire est une goutte d’eau dans un océan, mais pour faire un océan il en faut bien des gouttes d’eau! Et si on continue à amener ce torrent d’affection, d’amour et d’entraide envers ces gens avec chacune de nos gouttes, ils continueront à être aimés et pris en charge comme on le fait tous pendant notre court séjour.
Moi qui suis habituée aux soins, aux personnes âgée, j’ai trouvé là, une structure qui me faisait penser aux maisons de retraites en France, mais avec plus de rires, plus de compassions ( de la part des volontaires, car vous le verrez les massis sont un peu dures avec les résidents ), plus d’entraide, plus de couleur, plus de sérénité.

Il faut cependant ne pas venir là bas avec l'envie de sauver le monde, et de faire une différence, car encore une fois, vous n'êtes pas indispensable, personne ne l'est. Votre utilité et votre devoir en tant que volontaire, est d'alléger la charge de travail dans les maisons, et de procurer aux résidents, de la compagnie, un moment d'affection, d'échange, pour égayer un peu leur quotidien. Mais en aucun cas ne venez en pensant devenir un héros ou une héroïne derrière, déception assurée. Venez avec un cœur paisible, et un esprit ouvert, juste avecl'envie d'aider son prochain, sans rien attendre en retour. C'est tout un travail d'humilité qu'on vous apprend là bas.

Oui je peux le dire aujourd'hui, ce fut une belle expérience pour moi, quelque chose d'unique, qui l'est et le restera dans le cœur de tous les autres volontaires aussi, j'en suis sûre.
Car venir se porter volontaire chez mère Teresa, quand on est prêt à donner de sa personne, de son temps, de son affection et de ses mains, c'est être au cœur de la Cité de la Joie.



Remerciements




Je tiens à remercier particulièrement les soeurs des Missionnaires de la Charité de Mère Teresa. On pense souvent que les soeurs passent leur vie à prier et à maltraiter les enfants dans les écoles religieuses, et peut être que tout cela est vrai dans certaines congrégations, mais celles ci…
Ah celles ci, sont bien exceptionnelles mes amis. Ces soeurs ont eu une vie bien plus active et remplie que vous et moi, certaines d’entre elles ont connu guerres et génocides, où elles ont frôlé la mort et le viol. Elles ont été formées comme infirmière et ont soigné des rebelles et des soldats, d'autres gèrent à elles seules des dispensaires de grande affluence. Dans certaines maisons, elles recherchent activement les familles des résidents abandonnées et réussissent à en renvoyer chez eux, elles sont là dès 5h du matin, tous les jours portant leur sari blanc, et souriant à tous ces volontaires qui passent « Good morning sister ». Merci à ces femmes remarquables.


Merci à Audrey, Maeve, Maryse, Renée, Krestell, Mark, Ishani, Chris, Florence, Tania, Adelaïde, Mickael, Raquel, Constance, Hélène, Pia... pour leur rires, leur sourire, leur soutien, leur entraide, et leur histoire
Merci au Galaxy Hotel, Blue Sky, Spanish Coffee, Fresh and Juicy, et les vendeurs de nouilles dans la rue, pour avoir construit mon quotidien à Kolkata ( et m'avoir rendue malade ! )
Merci à Clio T. pour son aide et ses informations
Merci à « Bibi » pour ses rires de petit oiseau fragile
Merci à la Cité à la Joie



Merci à Sébastien B. pour son soutien et sa présence dans tous mes projets, de près ou de loin.

mercredi 21 octobre 2015

Back Packer? Aventuriers? Nomades? Ou simplement touristes?


"Je supporte pas les touristes, tous dans leur bus climatisés et à suivre leur guide comme des toutous"

"Non mais je te parle pas de voyager dans des hôtels 5 étoiles all inclusive, moi j'y vais en mode sac à dos, à la roots quoi"

"Je suis pas une touriste, je suis une voyageuse, une nomade, une aventurière, une cityoenne du monde"

Kymia : Tant de phrases un tant soit peu clichées que j'ai entendu depuis que j'ai commencé à moi même voyager "sac à dos" il y a 5 ans de ça. Et là moi...

Je ris toujours un peu intérieurement, voir carrément extérieurement quand j'entends ce genre de phrases, car pour moi, il fut un temps où les"back packers" étaient de sacrés aventuriers, genre 40 ans en arrière, quand un de mes collègues avait traversé le moyen orient en moto avec des kilos de sacs accrochés à son porte bagages, où quand le première femme étrangère est entrée au Tibet en arrivant par ses petits pieds, mais plus vraiment maintenant.

De nos jours, êtres back packers signifie.. Bah tout simplement avoir un sac à dos en fait. A la différence des autres voyageurs qui sont hôtels 5 étoiles et bus climatisés, c'est que eux.. Ben ils ont une valise ! Oui je caricature un peu, il y a beaucoup d'autres différences dans ces deux façon de voyager ( confort des hôtels, guide et visites organisés, transports déjà prévus etc. ), mais je trouve que le mot back packer et sac à dos, a tendance a avoir une connotation "d'aventurier" alors qu'en fait la plupart de ces dits "nomades, aventuriers" sont autant touristes que ceux qui sont en groupes organisés.

Exemple :

-Vous êtes tous allés au Machu Pichu au Pérou, avez acheté des pulls avec des lamas dessus ( que bien sûr le locaux ne portent PAS DU TOUT ), et vous avez fait un trek ( peut être le Inca Trail ) avec une agence organisée qui a prévu votre logement et repas le long du trek.

-Vous êtes allés en Inde? Vous avez tous achetés l'ENORME Lonely Planet de l'Inde et suivi plus ou moins les logements recommandés et les bonnes adresses.

-Vous avez adoré les treks au Népal? Sûrement les milles autres touristes que vous avez rencontrés sur l'Annapurnas en pensent autant.




Bien sûr je ne critique pas du tout cette façon de voyager, ces treks, ces lieux touristiques, ces sacs à dos et ces bus, et je ne veux pas rabaisser vos superbes expériences, car je fais moi même partie de cette communauté de voyageurs, et j'adore ça.

Mais la définition du Larousse dit d'un voyageur que c'est "une personne qui fait un trajet en empruntant un moyen de transport en commun" et "personne qui se déplace fréquemment hors de son pays, de son lieu de résidence, qui a l'habitude de voyager". Est-ce que nous sommes donc plus voyageurs que ceux qui se déplacent en bus climatisés et dans des hôtels all inclusive? 

Sommes nous des "aventuriers" parce que nous avons pris un train de nuit pour aller de Hanoï à Danang et non pas un car climatisé? Ou parce que nous avons passés 4 jours en jeep sur le chemin du Salar d'Uyuni sans prendre une seule douche, en ayant réservé ce tour avec une agence? Parce que nous avons marchés au petit matin jusqu'au sommet du volcan de Bromo en Indonésie en étant partie juste avant de son auberge de jeunesse?

Et bien je ne pense pas.
On est tous des touristes malgré qu'on refuse un peu ce mot quand on est back packer. 
Moi ça ne me dérange absolument pas d'être touriste et de voir les trucs touristiques. 
Certains iraient même jusqu'à boycotter des lieux touristiques grandiose comme par exemple le Taj Mahal car.. C'est trop touristique...
Mais enfin ! Où est l'interét? De se démarquer pour ne pas être un touriste? Encore une fois, on l'est tous, étrangers dans un pays étranger donc touriste. Quand on remplie la fiche à l'immigration de l'aéroport on écrit "venu pour tourisme" et non pas "venu pour l'aventure roots"
Il serait dommage de se passer d'un lieu culte du pays parce que "c'est trop touristique" et si ça l'est, c'est pour une bonne raison, parce que ce lieu ou ce monument sont dignes d'interèt.

Encore une fois je ne critique pas toutes les magnifiques expériences que vous avez pu vivre, car je suis la première à adhérer et apprécier ce mode de voyag, mais mon message aujourd'hui, est de faire preuve un peu d'indulgence et de tolérance envers les gens qui préfèrent avoir des voyages organisés de A à Z car ils sont peut être stressés de devoir organiser et préfèrent ne pas avoir à le faire, et ça leur convient bien. 

Le point de ce post est aussi faire preuve d'un peu de modestie et d'humilité en ce qui concerne les voyages, car les back packers de nos jours, sonnent et parlent souvent comme si ils étaient au dessus de ces pauvres touristes en groupe all inclusive, comme si nous back packers nous avions vraiment voyagé dans ce pays et pas eux qui l'ont survolé, alors que nous même nous ne fréquentons que des auberges de jeunesse bourrées d'étrangers ( anglais, allemands, américains, australiens, hollandais, français.. Je vous aime tous hein n'en doutez pas ! ), nous cherchons souvent un bon restaurant en se référant au Routard ou au Lonely Planet ( donc des lieux envahis de touristes aussi ), nous parcourons un pays en 1 mois en restant 2 jours par ville, sans vraiment connaître les lieux, courant après les sites cultes et les treks les plus connus,  n'avons souvent eu contact avec de locaux que par l'occasion d'un achat au marché,  d'un guide sur un trek peut être ou 5min dans la rue par curiosité.

Bien sûr je fais une généralité, certains voyageurs ont en effet eu des contacts avec les locaux via Couch surfin, ou en étant allé vivre chez l'habitant, isolé des lieux touristiques, ou qui entament des longs voyages à pieds ou vélo ( j'admire ces gens là d'ailleurs ). Je fais une généralité sur les discours que j'ai pu entendre et lire sur des blogs depuis ces 5 dernières années et qui m'ont interpellée.

J'ai moi même été dans un voyage type "all inclusive" pendant une mission humanitaire au Viêt Nam, et même si avoir le  guide qui me faisait aller d'un point à un autre de la Cité Impériale de Hue à toute vitesse, me gonflait énormément, j'ai passé de supers moments avec tous ces médecins, pharmaciens, infirmiers et autres personnes de tous les horizons, de tous âges, malgré notre bus climatisé et nos hôtels de luxe.

Une partie de notre équipe lors de notre mission au Viêt Nam et un habitant de Hue


Robyn Davidson
Tout cela pour vous dire, que oui ma grande passion c'est de voyager, Sébastien et mes amis pourront vous dire le nombre de fois où je les ai laissés en France egoïstement pour partir seule visiter un pays ( et non pas FAIRE un pays )  parfois avec des destinations qui ne les rassuraient pas beaucoup ( dernièrement, l'Iran ) ou toutes les fois où je suis partie pour unvoyage au court et long terme, ou pour immigrer une enième fois dans un pays étranger... Malgré tout je ne me considère pas comme une aventurière, ni comme quelqu'un de courageux, ou une nomade ou une voyageuse roots, juste parce que je suis en sac à dos et que je ne vais pas dans des hôtels.

Je suis une voyageuse comme beaucoup d'autres, c'est tout,  je ne suis pas bien exceptionnelle :)
 

Priscilla Telmon
Pour moi des grandes aventurières, sont des femmes comme Priscilla Telmon qui a marché 6 mois du nord Viêt nam, au Tibet en suivant les écrits d'Alexandra David Neel ( première femme étrangère à pénétrer à Lhassa ), ou Robyn Davidson qui a traversé à pieds le désert de l'Ouest australien avec 4 chameaux et 1 chien. Ca ce sont des aventurières :)
Donc, mesdames et messieurs les voyageurs, ne soyons pas si critiques envers nos compatriotes voyageurs en groupe et en car climatisé, car parmi eux se trouvent aussi des gens très bien :)

dimanche 18 octobre 2015

Iran et Poésie




"Le coeur en paix voit une fête dans tous les villages" - Proverbe perse

 

YuiLeCri.jpg "Je pars en vacances deux semaines en Octobre!
-Ah oué où ça?
-En Iran !
-.... O_o"


Kymia : Voila voila, c'est exactement ce genre de réactions que j'ai eu quand j'ai annoncé mes vacances dans l'ancienne Perse, des grands yeux étonnés, une bouche prête à se fracasser sur le sol, et une autre question suivait toujours cet état de choc :

"En Iran?? Mais c'est pas dangereux???"

Alors il est vrai que nous ne pouvons en vouloir aux gens de penser cela, car ces dernières décennies les médias occidentaux, que ce soit en France ou aux US, n'ont pas été tendres avec l'Iran, faisant d'elle, un risque international pour son nucléaire, une société dictatoriale, et un lieu dangereux pour nous à cause de ses lois, de ses interdits et de ses peines de mort.

Et pourtant... Regardons d'un peu plus ce pays si mystérieux.

L'Histoire de l'Iran

Autrefois connu sous le nom de Perse, l'Iran a donné naissance au premier empire à vocation universelle 2500 années en arrière, qui a accueilli maintes civilisations en son berceau.
Après être passée entre les mains de plusieurs conquérants ( Cyrus, Darius, Alexandre le Grand... ),  l'Iran est finalement envahie par les Arabes musulmans, et voit son pays se fragmenter sous l'autorité du Calife qui séjour entre Bagdad et Damas.




Malgré l'invasion, et la perte de la religion zoroastrienne, l'Iran réussit à garder sa culture perse, sa langue ( le farsi ), et à en imprégner les élites musulmanes qui les domine.
Le «style persan» va se diffuser dans tout l'Orient islamique, de la Mésopotamie au nord de l'Inde, du Tigre au Gange. Il perdurera jusqu'au XIXe siècle.

Plusieurs dynastie se succèdent au cours de l'Histoire ( Séfévide, Asfhar, Kadjar.. ) jusqu'à plus récemment avec la famille Pahlavi, fondé par Reza Chah Pahlavi, élu par la majoritée du Parlement iranien ( majles ) qui souhaite le déchéance de la dynastie Qadjar. Il devient alors Shah d'Iran en 1926.

L'Iran connait à ce moment là une période de grands changements dans le but de moderniser le pays , s'en suivent des projets de construction ( bâtiments, chemins de fer, universités.. ), de réformes, de changements dans l'ordre social, et d'occidentalisation de la société. Le port du voile est à ce moment là interdit pour les femmes, et les hommes doivent abandonner leur toges traditionnelles pour pantalon et chemise comme les occidentaux.
Durant le règne du Shah, l'Iran intéresse déjà fortement les Anglais et les Russes pour ses gisements de pétrôle et sa situation géographique.

Le Shah d'Iran se voit finalement détrôné en 1941 lors de l'opération "coutenance", une invasion anglo-soviétique, suite à son rapprochement avec l'Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale et son refus devant les Alliés d'ouvrir son pays ( qu'il avait déclaré neutre en tant que guerre ) au passage des munitions. C'est son fils Muhammed Reza Pahlavi qui prendra sa suite.

L'Iran continuera sa modernisation sous le règne du nouveau Shah, le pays se rapprochera de plus en plus de l'Union soviétique et de la Chine, tout en restant allié des Etats-Unis et de l'Europe. Mais ce régime pro-US ne profite pas au peuple Iranien et le fossé économique, social et culturel se creuse alors de plus en plus entre les élites fortement occidentalisées et les classes populaires conservatrices. Ce fossé amènera en 1978 à la Révolution Iranienne, menée par la politique anti-chah de Rouhollah Khomeiny, dont le visage apparait partout en Iran encore aujourd'hui.

Gauche : Khamenei    Droite : Khomeiny


Exilé pendant 14 ans Khomeiny revient après la chute du Shah, il met fin à la monarchie et instaure un gouvernement provisoire en devenant par la suite le Guide Suprême (chargé de contrôler l'armée et les services de sécurité, et pouvant mettre son veto à la candidature des prétendants au poste de président de la république). Son successeur Ali Khamenei, aura aussi été élu 2 fois président de la République Islamique d'Iran, notamment durant la guerre Iran-Irak et occupe toujours à ce jour, le poste de Guide Suprême.


Fermons la parenthèse de l'histoire, et voyons ce que j'ai pu observer lors de mon voyage.


Les Iraniens

J'ai facilement pu séparer les Iraniens en deux catégories ( grosso modo hein ) : ceux qui adhèrent au gourvernement ( souvent les religieux traditionnels ) et ceux qui n'y adhèrent pas du tout! Ces derniers sont déçus par des décennies de révolutions, de guerre et de lutte pour finalement se retrouver sous un régime répressif comme le leur, bien que le nouveau président Hassan Rohani, tente d'améliorer les choses en réchauffant leur relation avec l'Occident.


La plupart des jeunes générations n'y achèrent pas du tout, et rêvent de partir immigrer en Occident pour y trouver plus d'opportunités de carrière et plus de liberté personnelle. Car oui en Iran, le port du voile est maintenant obligatoire, les femmes doivent porter manche longue et tunique recouvrant les fesses, pantalons, même sous 40°c ( moi même avec mon voile sous 35°c j'ai failli me liquéfier au soleil à plusieurs reprise ), elles ne peuvent chanter devant un public d'hommes, danser en public est aussi interdit. Facebook, youtube et autres récseaux de ce genre sont censurés, les films sont minutieusement choisis, l'alcool existe en Iran mais de manière clandestine, si on y regarde de plus près on peu trouver toutes sorte d'alcool mais non officieusement, et souvent du "fait maison". Les hommes doivent porter des pantalons, et bien sûr l'homosexualité est interdite sous peine de prison voire de mort.

Oui ça ne donne pas envie n'est-ce pas?
J'ai eu droit à des remarques du genre "ah super tu vas en Iran, donc indirectement tu soutiens le gouvernement, leurs répressions et leur censure, en leur donnant de l'argent" alors j'ai envie de dire à ces gens "mais oui c'est sûr, c'est tellement mieux de les laisser se débrouiller seul, et subir leur gouvernement, c'est tellement mieux le boycott, je dirais même l'indifférence".


Car en ayant parlé avec des Iraniens, je ne pense pas que boycotter ce pays soit une solution, c'est au contraire en apportant une vision différente, une culture différente lors de notre court passage en Iran, que les générations futures voudront quelque chose de différent et que petit à petit leur société évoluera et changera. Pas en les laissant dans leur coin. On m'a critiquée sur mon voyage en Iran pour ça, que devrait-on dire de ceux qui vont voyager et travailler en Chine? Je ne crois pas que leur gouvernement soit beaucoup mieux et pourtant on ne compte plus les voyages et les expatriations dans cette partie du continent.

Mon expérience de couch surfin, et d'accueil dans les familles Iraniennes a été merveilleux, vous pouvez rencontrer quelqu'un dans le bus qui vous invitera à diner et rester dormir chez eux, vous présentera à toute sa famille et vous baladera partout. Leur cuisine est délicieuse, et ils se font un plaisir de vous faire découvrir leur mets.

Les Iraniens brillent par leur générosité et leur hospitalité, il est assez déroutant pour nous Occidentaux, de se faire aborder dans la rue par des Iraniens ne parlant quasi pas anglais, qui vous parle dans le but de vous aider car vous semblez chercher quelque chose, ou de voir les gens de démener pour vous trouver un taxi car celui ci ne connait pas votre destination, ou de parfaites inconnues passer une demi heure à tenter de vous débloquer votre carte sim iranienne en vous donnant son numéro en plus si jamais vous avez un problème.

Ce sont eux les Iraniens que je soutiens quand je visite l'Iran.

Les monuments

Imam Mosquée - Isfahan


Nasir Ol Molk Mosquée - Shiraz
Ayant toujours aimé les pays musulmans pour la simple est bonne raison que j'admirais leur hospitalité et que je m'émerveillais devant les mosquées, autant vous dire que l'Iran m'a remplie de bonheur.
De Kashan à Yazd en passant par Isfahan et Shiraz, je suis restée étourdie par tant de couleurs, de finesses, de délicatesse dans les peintures des mosquées, devant la grandeur de leur culture, dans les fils des tapis persans, dans la chanson de leur langue, et la beauté de leur peuple.

Khaju Bridge - Isfahan


Agha Bozorg Mosquée - Kashan

Ali Qapu Moquée - Isfahan



Le voyage en Iran

Alors, beaucoup m'ont demandé les modalités du voyage en Iran :

-Monnaie :

Leur monnaie se nomme le RIAL et 1€ est environ équivalent à 38650 Rials
Jusque là tout va bien.. MAIS ! Leurs billets se comptent en RIALS cependant quand ils l'énoncent à l'oral ils parlent en TOMENS.. Qui est 10 fois moins que le RIALS

Je récapitule 1€ = 38650 RIALS = 3865 TOMENS


Oh mais qui voila? Oui oui Khomeiny vous l'avez reconnu!
Pourquoi tant de complexité? Aucune idée ! Mais ce qui est bien avec l'Iran c'est qu'ils ne cherchent pas à vous arnaquer ( la plupart du temps ) si vous donnez 10 fois trop que le prix énoncé car vous en emmêlez les pinceaux ( et croyez moi ça sera le cas ), ils vous rendront la bonne somme.



-Les transports:

Bus, bus, bus et encore bus ! Les cours trajets sont possibles avec des bus simples, assez confortables, et on vous sert un jus + un gâteau. Mais pour les trajets plus longs de 6h ou de nuit, il est sûrement préférable de prendre les bus VIP ( Very Important Passenger... ) avec des sièges plus larges, où on peut incliner le dossier et remonter les jambes ). Après, selon l'humeur du chauffeur, il est possible qu'il vous passe des dramas Iraniens toute la nuit, ou laisse la radio à fond... Je ne sais pourquoi, peut être pour le maintenir lui réveillé... Il en va de même pour cette lumière bleue ou rouge au plafond qui nous oblige à baisser le voile jusqu'au menton pour réussir à s'endormir.

-L'hébergement :

Alors, l'Iran devient de plus en plus touristique, j'ai croisé des tonnes de groupes organisés de Chinois ( avec qui on m'a souvent confondue.. Retenez moi... ), de Français et d'Allemands. Cependant, le pays n'est pas encore tout à fait paré à être la destination de rêve des touristes, les hôtels sont assez peu nombreux, les auberges de jeunesse sont à oublier, et les restaurants ne courent pas les rues ( c'est plutôt nous qui courons après ). Il reste cependant des hôtels souvent répertoriés par le Lonely Planet qui aborde des prix tout à fait décent ( l'Iran étant de manière générale très peu chère ), avec des dortoirs pour 10$ la nuit, et souvent une jolie cour intérieure avec des structures en bois recouvertes de tapis et de coussins où l'on peut se prélasser en buvant un thé ( cliché? Vous n'avez encore rien vu.. ).

Il reste bien sûr, l'expérience du couch surfin, qui est très populaire en Iran ( bien que supposé interdit ) .

Conclusion

Ne restez pas sur votre préjugé sur l'Iran, ce pays reste le seul de sa région qui reste ( miraculeusement ) stable. Il est très facile de voyager là bas, même si on est dévisagé sans arrêt, c'est loin d'être de l'agressivité, mais de la curiosité pour quelque chose d'inhabituel. Les gens sont extrêmement accueillants, aidants et généreux, les portes sont toujours ouvertes, un couvert est toujours disponible pour vous, et le pays regorge de merveilles de leur Histoire. C'est très impressionnant de voir aussi à quel point ils ont réussi à se développer dans le domaine des sciences et de la médecine. Malgré la sanction économique des pays occidentaux et la fuite des cerveaux, les Iraniens ont réussi à progresser au nom de la science et de l'éducation.


Mes 15 jours de voyage en vidéo ici :)